Codependent_Lesbian_Space_Alien_Seeks_Same-05

Festival Chéries-Chéris : Codependent Lesbian Space Alien Seeks Same

Après des complicités féminines dans la haute bourgeoisie du XVIIIème siècle avec le film  Olivia, Codependent Lesbian vient nous donner un coup de choc visuel et acoustique à l’ américaine : New York City et l’espace extraterrestre comme contexte, les aventures sentimentales de trois femmes aliens à NYC comme contenu. L’histoire s’étale autour de la relation entre Zoinx (Une belle alien qui s’exprime bien trop souvent par des comportements étranges) et Jane (une employée de papeterie new-yorkaise en manque d’amour). Tout comme une blague, les trois femmes aliens sont envoyées sur terre à accomplir leurs missions, parce que « les sentiments des humains sont trop grands et qu’ils sont responsables des trous dans la couche d’ozone ».

Le point inédit de ce film est sans doute la façon avec laquelle le film combine la science-fiction avec l’homosexualité féminine. Tant de films de science-fiction américains nous racontent des sentiments des aliens, depuis  E.T. jusqu’à Odyssée ; mais cela est probablement la première fois dans l’histoire du cinéma que l’on voit le sentiment homosexuel des « femmes aliens ». Leur façon d’exprimer leur affection ou leur amour n’est pas de s’embrasser sur la bouche, mais de se toucher le nez, et le plus grand chagrin pour elles est de voir des cheese-cakes sur le présentoir tournant…

Les spectateurs et spectatrices sont invitéEs à s’interroger sur l’essence de l’homosexualité féminine : qu’est-ce qui déclenchent les sentiments entre deux femmes ? L’intimité ? La complicité ? Ou simplement l’attachement pur ? La voix hors champs de « l’agent secret » raconte : « Comment peut-on faire la différence entre amies et amantes lorsque deux femmes sortent tard le soir ensemble d’un cinéma ?… Si deux femmes vivent ainsi tous les jours ensemble, leur relation devient trop évidente. Ça ne peut plus se cacher, ça ne peut pas… »  Il suffit quelques fois de se toucher du nez, de se frotter le dos ou de s’endormir ensemble pour tomber amoureuse l’une de l’autre. Nous pouvons peut-être appeler cela « l’affection robotique » décodée par la nature tendre du sentiment humain.

Le paysage new-yorkais est sans doute assez fort pour attirer l’attention des parisiens, la musique de ce film mérite aussi d’être pointée. Le mixage de musique électro acoustique par DJ Clay Drinko accentue le rythme extra-moderne du film. Toujours d’un style comique et moderne, toujours autour de la femme et de l’identité de genre, la réalisatrice américaine Madeleine Olnek a fait du bruit avec son dernier court métrage « Countertransference » lors de nombreux festivals internationaux du cinéma. « Codependant Lesbien » a été sélectionné par le festival de Sundance pour l’année 2011.

Le film emploie un style minimal pour représenter l’espace extraterrestre et l’environnement new-yorkais, ce qui n’efface point l’authenticité du thème. Au carrefour de la comédie burlesque, la science fiction et la narration dramatique, la mise en abîme des deux agents secrets (deux hommes en costumes noir) extraterrestres qui observent les femmes clandestinement, enrichit la dramaturgie.

La dimension allégorique sur le genre est un point important à relever dans ce film, puisque l’homosexualité féminine a été trop longtemps considérée comme une sorte d’aliénation hors de la norme sociale. Cependant  Codependent lesbian s’exprime à rebours par l’identification du genre sexuel et social complètement défait (aliénée et asexuelle), afin de nous montrer plus de possibilités d’être avec l’autre et avec soi. La nature tendre et romantique des femmes extraterrestres rendent leurs « aliénations robotiques » tout à fait compréhensibles et touchantes. Ainsi nous sommes prêtes à défendre la légitimité des « femmes aliens » sur terre, à travers leurs gestes, leur langage, leurs larmes et leur rire ; leurs façons de vivre dans l’authenticité et leurs expressions singulières.

 

Sophia LIU

 

 

One Comment

  1. timide says:

    mouai !

    ben, j’voudrais pas donner l’impression d’en faire trop (enfin quoi que 8-O ) ou tout au plus … paraître un peu … rabat-joie mais quand même, j’ose dire sans aucun ton de parole mais avec la grande liberté généreusement trouvable dans “le théâtre légendaire du féminisme improbable” que :

    entre “New York City” Xtra terrestre “lesbien all over the moon and so on”, “Mummy is coming” god-porn up your a** berlinois et “Lesbiana”ou la révolution radicalement parallèle totalement home made “AOC” (for american old “cancanS”) et que j’ai dû visionner (tout entier, #dur, donc pas merci à Sarah hein qui m’y a indirectement invité ! Grrrrr ) hier pour “oseR le féminisme” parisien, je pense qu’il y a de quoi devenir … quand même un peu ou vraiment “cinglée”.

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