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Festival Chéries-Chéris : Olivia

Dans le cadre du Festival Chéries-Chéris, des cartes blanches sont données afin de nous faire découvrir des films parfois déjà sortis mais souvent passés inaperçus, ou alors trop anciens pour que notre génération n’ait pu les voir. Olivia fait partie de ces films.

Réalisé par Jacqueline Audry et sorti en 1951, il relate l’histoire de deux femmes directrices d’un pensionnant pour filles dont la relation semble être bien plus qu’amicale : Mademoiselle Cara et Mademoiselle Julie. L’histoire, vécue et montrée à travers les yeux d’Olivia, une nouvelle pensionnaire, nous emmène au cœur de cette institution partagée entre les deux directrices qui, tour à tour tentent d’attirer la sympathie des jeunes filles. Olivia sera ainsi tiraillée entre l’adoration et l’amour qu’elle ressent pour Mademoiselle Julie et l’affection qu’elle a pour Mademoiselle Cara.

Mais le film, bien au-delà de l’histoire qu’il relate, nous propose un regard sur les années 1950, lorsque l’homosexualité, et particulièrement l’homosexualité féminine était encore très tabou. Ce film qui était grand public à l’époque parait aujourd’hui dépassé, mais drôle. C’est avec du recul et au troisième degré qu’il a été apprécié par le public qui était dans la salle. De la mise en scène des jeunes filles hystériques et toujours enjouées aux dialogues d’une grande finesse, nous assistons véritablement à un film qui se voulait sérieux (et qui fut sérieux à l’époque) mais qui, finalement, regorge d’incroyables pépites : « Attends moi dans ta chambre après le bal, je te rejoindrai, je t’apporterai des bonbons » (échange entre Mademoiselle Julie et Olivia). Il est incroyable de penser qu’un tel film pu sortir dans les années 1950, d’autant plus que la relation entre Julie et Cara était assez explicite.

On pense alors à d’autres films du genre : Jeunes filles en uniforme (1931 et 1958), La rumeur avec Audrey Hepburn et Shirley MacLaine (1961), ou à des œuvres littéraire comme Thérèse et Isabelle de Violette Leduc. Le thème du pensionnat pour jeunes filles revient souvent dans les histoires d’amour entre femmes, peut-être parce que ces huit clos féminins permettent de justifier l’amour saphique (en tout cas à l’époque).

Olivia est un petit bijou cinématographique et historique qui avec un peu de chance sera projeté à nouveau, dans un autre cadre.

Olivia de Jacqueline Audry – 1951 (projeté le mardi 9 octobre 2012)
Sarah

 

Sarah

Sarah ne parle plus trop de cul ni d'amour d'ailleurs mais ses passions demeurent : féminisme, antispécisme, santé mentale et gingembre.

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