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Festival Chéries-Chéris : Fucking Different XXX

A Paris, Berlin ou San Francisco ; dans une chambre, un jardin, un sous-sol ou les toilettes d’une boite de nuit ; pour une première ou une dernière fois, plusieurs fois, à tâtonnements, maladroitement ; par amour, désir, vengeance : je baise. Ou tu baises, il, elle baise, nous baisons, vous baisez, ils et elles baisent. En réalité, on regarde Fucking Different XXX.

Ce sont 8 courts métrages qui font cette œuvre de 96 minutes. Pour ces films, on a demandé aux cinéastes de filmer l’autre genre et sa sexualité. Huit films, huit approches différentes des sexualités, huit formes, et des émotions multiples. Cela commence par un court métrage reprenant le mythe de Lilith (Lilith/ Mother of Evil -Maria Beatty), sombre, qui nous plonge rapidement dans une atmosphère particulière. Vient ensuite un court métrage ludique : deux femmes s’envoient des balles sur le corps, pour finalement s’envoyer en l’air (Martina XXX- Jürgen Brüning). C’est drôle, différent des films pornos mainstream, la salle rit. Et s’en suit différents courts plus différents les uns que les autres. Quand l’un se passe dans un jardin, on assiste à un fist impressionnant et romantique (Blümchemsex – Manuela Kay), un autre se passe dans une chambre d’ados où deux correspondants font l’amour pour la première fois (New Kid on the Block – Emilie Jouvet), et un troisième a lieu dans une soirée lesbienne berlinoise où deux jeunes femmes se rencontrent baisent, et retournent draguer chacune de leur côté (Dyke Fight- Kristian Peter).

Cette œuvre de huit courts a la particularité de montrer des sexualités qu’on ne voit pas généralement dans les films pornos. Par exemple, Offing Jack de Bruce la Bruce met en scène deux transboys que l’on découvre l’être seulement durant la scène de sexe explicite, mais finalement de façon implicite et naturelle. C’est cette capacité à rendre naturel des sexualités qui ne le sont pas pour la majorité des gens, qui font de cette œuvre, une œuvre pornographique véritablement Queer.

Après la projection, une question a été posée par un spectateur « novice » qui se demandait si ce genre de film était véritablement du porno, s’il n’y avait pas un autre nom parce que lui, ça ne l’excitait pas, mais ça l’intéressait, l’intriguait. Peu importe qui et comment ces films excitent, c’est le porno qu’il faut redéfinir, élargir, plutôt que de trouver des noms à des genres qui existent déjà.

Je ne peux pas parler pour tout le monde, et donc à titre personnel, je dirais que plus je vois des films pornos non mainstream, plus je me sens excitée par des scènes ou des genres qui, plus jeunes, ne m’auraient sans doute pas donné envie. Ce genre de films porno, ces « Fucking Different » tendent non seulement de correspondre à toutes les sexualités, mais élargissent aussi le champ des possibles fantasmes. C’est enrichissant, épanouissant et excitant ; excitant sexuellement et intellectuellement.

Fucking Different XXX sera sans doute en vente très prochainement en DVD, mais la projection au Forum des images dans le cadre du festival Chéries-Chéris n’était sans doute pas à rater.

 

Fucking different XXX from Kristian Petersen on Vimeo.

Sarah

Sarah

Sarah ne parle plus trop de cul ni d'amour d'ailleurs mais ses passions demeurent : féminisme, antispécisme, santé mentale et gingembre.

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