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J’ai testé “Vivre sans télévision”

Fin 80 début 90, j’ai connu la télé sans télécommande, j’ai vu ma mère repasser des mouchoirs fleuris devant Côte Ouest, j’ai ressentis la punition “Privée de télé !” comme un désastre. J’ai connu les quotas imposés “30mn de dessins animés et les devoirs”, la “permission après 22h” pour voir un film en entier puis les expéditions nocturnes pour regarder en douce le film porno crypté de Canal plein de FFFRRR et de SSCCCHHH qui parvenait quand même à m’exciter. Les années 90, l’époque où la télévision vivait encore de beaux jours, tout comme les téléphones fixes et les cabines téléphoniques à francs.

Une rupture. Un déménagement. Attendre son raccordement pendant quelques semaines, cette fois sans tv, sans téléphone fixe, ni internet -un jour j’écrirais sur cette phase de vide technologicomédiatique hors du temps-. Internet is back, et ô surprise la télé non. Je ne suis pas victime d’un problème technique mais bien d’une décision prise par l’ensemble des FAI (fournisseurs d’accès internet) de facturer à leurs abonnés l’accès via leur box à la TNT -qui est censé être gratuite-. Un sentiment d’injustice m’envahit alors, j’insulte virulement ce système de profit qui traie le consommateur et me précipite dans le supermarché le plus proche pour acquérir un décodeur.

Sauf qu’en définitive je m’apprête quand même a dépenser une trentaine d’euros pour un service désormais obligatoire qui est censé être gratos. C’est ce qu’on appelle l’allégorie de la grenouille. C’est la crise, merde !

Rayon TV/HI-FI/machinchose, je trouve l’emplacement du décodeur d’entrée de gamme coincé entre deux rangées pleines de décodeurs HD/enregistreurs/lecteur B-Ray/machine à gaufres, qui font bien une fois et demi leur prix. Je passe vingt bonnes minutes à comparer les décodeurs, j’hésite, je tourne et vire, pour finalement retourner chez moi bredouille.

Après un thé brûlant et une aspirine, je m’interroge sur l’utilité de la télévision. Sur ce qui m’intéresse vraiment et que j’aime regarder. Sur toutes les fois où j’ai râlé en lâchant un “Payer la redevance pour ça !” “Ils se foulent pas trop.” “Oh, encore une redif’ !” “C’est quoi cette émission débile ?”. Pour toutes les fois où je suis restée scotchée devant Dora l’exploratrice, la bave au coin de la bouche, le regard vide, pour toutes les fois où j’ai dis “Mais vos gueules on comprend rien !” lors de débats houleux digne d’une empoignade au marché du village , pour toutes les fois où j’ai secoué la tête de dépit devant le niveau des jeux télévisés, des reality show et de certains JT, TF1 en tête.

La télévision, c’est le bruit de fond qui fait “une présence”. Une rumeur pour habiller le vide d’un appartement de célibataire, alors j’ai finalement décidé de m’en passer, de lâcher ma manie du zapping et d’errance télévisuelle pour choisir mes programmes au moment où je le décide. Pluzz et Arte+7 sont mes nouveaux meilleurs amis. De la vraie TV à la demande, pas/peu de pub, des sujets qui m’intéressent vraiment, pas de visionnage “par défaut”. Tracks, Métropolis, Echapées belles, ARTE Reportage et j’en passe, des émissions sur lesquelles j’étais contente de tomber quand j’avais la télévision et qu’aujourd’hui je vais chercher délibérement sur internet.

Et les films du soir qu’est ce que t’en fais ? J’ai une sélection sur mon disque dur externe, je m’en fais prêter, j’en loue sur internet. Et les informations ? Je lis l’essentiel sur des sites dédiés, ce qui m’évite des micro reportages sur les oies du perigord noir dont les foies bien gras se retrouverons dans les assiettes à Noël -et surtout pas dans la mienne, végétarienne assumée-. Dans le pire des cas si je loupe quelque chose, ma mère est toujours là pour me tenir au courant de la dernière catastrophe qui aura nourrit les JT pendant 3 jours. Ca m’évite le rabâchage, le réchauffé, un certain calibre d’actualité : courte, orientée et qui se contente d’explications de surface là où il faudrait aller dans le fond pour que les gens comprennent réellement les enjeux. En résumé ça évite à ma cervelle de se lubrifier au tits entertainment et au JT inconsistant pour s’enfiler une dose de pub juste derrière.

C’est un fait, internet a tué la télé, et j’y ai plutôt bien survécu.

Aurélia
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One Comment

  1. togil says:

    Je suis totalement d’accord avec vous sur le dernier paragraphe.

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