J’ai deux confessions à vous faire. D’abord ; j’avais des aprioris sur Louise Deville. Je ne savais pas qui c’était, je l’avais vue dans un show à une clitorise et je ne connaissais rien au féminisme. Je ne connais toujours pas grand-chose au féminisme même si j’ai beaucoup appris grâce au festival http://www.cineffable.fr/fr/edito.htm mais je tiens à vous avouer, et c’est ma deuxième confession, après avoir vu le documentaire de Chriss Lag, je suis tombée raide dingue amoureuse de Louise de Ville.
Louise de Ville, avec la pudeur et la délicatesse qu’elle dégage dans ses interviews, elle te fait comprendre que dans sa déconstruction du corps féminin avec toute la beauté qui l’entoure, c’est son féminisme qu’elle cherche à atteindre. Celui du choix. Je choisis, moi, femme, d’utiliser et de porter les attributs féminins (bas résille, rouge à lèvre, faux-cils…) non pas pour plaire au « patriarche », mais parce que ça me plaît, à moi. Chriss Lag nous offre dans Louis(e) de Ville, portrait of a bad girl, le portrait d’une artiste qui pousse l’admiration. C’est une actrice que j’ai découverte, mais pas que.
Une artiste à part entière, qui pousse son corps au-delà des limites pour offrir un à public le plus large possible sa vision du désir. Désir que l’on ressent pour une beauté plastique et une esthétique parfaite, qui petit à petit se déplace vers quelque-chose de dérangeant, mais c’est toujours la même personne, celle qui a fait battre ton cœur et qui maintenant te dérange avec son utilisation du god ceinture. Louise de ville nous offre des shows burlesques où il y plus à voir que juste le strip-stease, elle apporte un discours politique et féministe qu’il est bon de saluer dans ses temps obscurs de débats incestueux. On peut démontrer par de belles performances ce que c’est, être une femme, ce que c’est, être féministe. Louise de ville dans ses spectacles elle nous cloue le bec, à nous les théoristes, à nous qui essayons de comprendre, elle nous clame, regarde mon corps, comme il est beau, je l’aime et je m’en sers, oui et c’est une force.
Et c’est une grande leçon que j’ai apprise ce soir-là. Et que je ne suis pas prête d’oublier. Parce qu’on nous dit que le féminisme ne sert plus à rien. Que nous somme nées dans une génération où tout a déjà été gagné, mais c’est faux. C’est faux parce que nous subissons encore les inégalités salariales, les blagues sexistes au boulot, et les repassages de caleçons. Tout n’a pas encore été gagné loin de là. Et Louise de ville le dit à sa manière qui ne peut pas ne pas nous marquer. Et Chriss Lag la filme admirablement, dans ces années de complicité que l’on ressent devant le film, on a envie de dire, de crier « montrez-le au monde entier ! » ça ne saurait tarder. J’espère. C’est un documentaire tout en douceur, qui nous fait découvrir Louise de ville au-delà de ce qu’on peut penser, quelqu’un qui justement a tellement à nous apprendre, parce qu’elle se bat toujours, elle apprend encore, elle prend des cours pour faire entrer une dimension artistique autre, dans le cirque, les mouvements, l’esthétique encore, là où elle nous surprend, elle nous élève.
Pardon de pas être peut-être totalement objective mais encore je mesure mes mots, et je ne saurais que vous conseiller « Betty speaks », son one woman show, qui si mes vœux sont exaucés sera joué en France, et sa future soirée « Moral panic » au Klub le 17 novembre, où elle se produira. Je pense humblement que nous sommes à l’aube d’un mouvement qui va faire bouger beaucoup de choses, que Louise de ville est une pionnière, Chriss Lag avec son talent discret la projette au sommet, et moi j’applaudie, elles vont aller très loin. Ne ratez pas le coche.
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